Le groupe envisage plusieurs pistes pour écouler son trop-plein de cash.
Les deux tiers de la trésorerie d'Apple sont hors des États-Unis. Le rapatriement de ce trésor de guerre, y compris sous forme de dividendes, aurait un coût fiscal énorme. Il pourrait en coûter plus de 22 milliards de dollars de taxes, selon Bespoke Investment Group. La dispersion géographique de la trésorerie d'Apple tient avant tout à son organisation qui repose sur de nombreuses filiales à l'étranger. Avec une première conséquence: certains pays, comme la Chine ou la Russie, limitent les remontées de cash. Apple est donc «condamné» à dépenser sur place tout ou partie des bénéfices réalisés.
Mais la société californienne est aussi une victime consentante sur d'autres territoires. Comme Microsoft ou Google, Apple a trouvé en Irlande son paradis fiscal. Une petite expatriation qui permet à Apple d'afficher un taux moyen d'imposition mondial de 24,2 % pour son exercice 2011. Soit dix points de moins que le taux d'imposition moyen des sociétés américaines.
Ce type d'organisation n'a absolument toutefois rien de particulier. Toutes les multinationales, ou presque, ont adopté le même schéma juridique et fiscal. Ce choix leur attire les foudres de groupes de protestations américains, qui rêveraient de voir les profits rapatriés et taxés aux États-Unis. Face à ces attaques, ces multinationales, réunies au sein d'un groupement baptisé Win America, ne se privent pas de mener d'intenses campagnes de lobbying, visant à obtenir une amnistie fiscale.
Plus d'acquisitions
À défaut d'y parvenir, chacun apporte ses solutions. Pour Apple, cela passe notamment par des acquisitions de sociétés à l'étranger. Fin 2011, l'américain a ainsi jeté son dévolu sur Anobit, une start-up israélienne spécialisée dans les mémoires flash, payée 500 millions de dollars. Une transaction modeste à l'échelle d'Apple, mais la plus importante de ces quinze dernières années. Et qui pourrait en préfigurer d'autres. Apple a aussi évoqué des prises de participation dans des sites de production en Asie, ce qui serait aussi un moyen de sécuriser ses approvisionnements. Au rachat d'entreprises à l'étranger pourrait enfin s'ajouter celui de portefeuilles de brevets. Apple a déjà réalisé plusieurs opérations majeures dans ce domaine, même si, pour le moment, elles ont toutes été réalisées aux États-Unis.Enfin, le développement des Apple Store (magasins détenus en propre) est un bon moyen de réinvestir les liquidités. Tim Cook, le PDG d'Apple, a réaffirmé sa volonté de renforcer le réseau de distribution. Comme on ne prête qu'aux riches, on évoque désormais la prochaine ouverture d'Apple Store sur les Champs-Élysées.
( Source : http://www.lefigaro.fr/societes/2012/03/02/20005-20120302ARTFIG00584-apple-100milliards-de-dollars-bien-embarrassants.php )
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