En 1979, se rendant bien compte que l'Apple II vivait ses dernières
heures, Apple préparait son remplaçant, SARA. L'intérêt principal de cet
ordinateur était de minimiser une baisse des bénéfices au cas où les
deux autre modèles, Macintosh et
surtout Lisa,
se feraient attendre.Les ingénieurs d'Apple avaient prévu un temps de développement très court pour l'Apple III : à peine 10 mois contre plusieurs années pour les autres projets. L'Apple III n'était qu'un Apple II amélioré : plus de mémoire (128 Ko extensible à 256) et un lecteur de disquette intégré au boîtier. L'écran haute définition du Sara serait capable d'afficher 80 caractères par lignes, contre 40 pour l'Apple II. Cela lui conférerait un aspect professionnel bénéfique à sa réussite : l'Apple III était le premier ordinateur de la firme vraiment destiné au marché de l'entreprise. Et, chose nouvelle, il était capable d'écrire aussi bien en majuscule qu'en minuscule, ce que l'Apple II ne savait pas faire : il fallait se contenter des majuscules.
Comme à son habitude, Apple avait prévu un lancement en fanfare. Disneyland avait été loué pour une nuit et 20.000 invités y avaient été emmenés dans des bus anglais à deux étages. La location de Disneyland à elle seule représentait un investissement de près de 45.000 dollars !
L'Apple III était proposé en deux configurations, à 4300 et 7800 dollars. Les deux modèles possédaient un processeur 6502A de Synertec, cadencé à 2 Mhz (deux fois plus que celui de l'Apple II), jusqu'à 128 Ko de ram, un clavier avec pavé numérique, et un lecteur de disquettes. L'Apple III était capable de faire tourner les applications créées pour les Apple II, mais on pouvait également développer de nouveaux programmes spécialement pour son système d'exploitation SOS, Sophysticated Operating System.
Destiné dans un premier temps à être commercialisé en juillet 1980, l'Apple III vit sa sortie retardée à l'été, puis à l'automne... Il faut dire qu'avec Steve Jobs à la tête du projet, les ingénieurs avaient du pain sur la planche : celui-ci demandait une chose un jour et l'inverse le lendemain ! La commercialisation démarra finalement en octobre, alors même que le projet n'était pas encore terminé... L'introduction en bourse d'Apple en décembre n'était sûrement pas pour rien dans cette précipitation ! Les problèmes s'accumulèrent aussitôt : l'horloge fut supprimée de la carte-mère pour cause d'incompatibilité, les connecteurs se corrodaient, l'absence de ventilateur (une idée de Jobs) faisait surchauffer la machine, les composants se déboitaient... Sur les chaînes d'assemblage, tout le monde cherchait à résoudre le problème en tapant avec des marteaux en plastiques sur les machines. Pour ceux qui avaient déjà acheté la machine, Apple proposa une solution : soulever le boîtier et le laisser retomber en espérant que les composants se remettent en place d'eux-mêmes...
En novembre 1981, Apple lança une nouvelle version de l'Apple III. Apple tenta d'expliquer que les problèmes de la première version étaient dus à ses fournisseurs ; pourtant, le nouvel Apple III disposait d'une nouvelle carte-mère, de nouveaux connecteurs, et de nouveaux logiciels... La campagne de publicité qui l'accompagnait était axée autour du slogan "Allow me to reintroduce myself" (Permettez-moi de me présenter à nouveau). Apple remplaça gratuitement 2000 Apple III par la nouvelle version. Pour relancer les ventes, la firme proposa un disque dur de 5 Mo, un luxe que même IBM ne pouvait pas offrir à ses clients !
En décembre 1983, Apple présenta l'Apple III+, moins cher et mieux équipé que l'original (et en état de marche), mais celui-ci ne put jamais faire oublier ses mauvais débuts. En tout, la société ne réussit à vendre que 120.000 unités de l'Apple III, avant de se décider à le retirer définitivement du marché, en avril 1984, laissant la place à la famille Apple II et Apple 32 (le Lisa et le Mac). L'Apple III disparut finalement du catalogue d'Apple en septembre 1985.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire